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Bio

Pascale Le Berre ~ biographie

 

          « La femme aux mille vies » : intituler ainsi la biographie de Pascale Le Berre est certes tentant, mais ce serait également malvenu. Car le plus remarquable, dans les multiples rencontres qui ont guidé le parcours de cette musicienne sans cesse en mouvement, et dans les multiples talents qui composent sa palette, est que ceux-ci forment bel et bien une seule et même vie, dessinant une trajectoire qui frappe par sa cohérence, et que l’intéressée résume en un mot qui n’est pas anodin : « accomplissement ». « La répétition m'ennuie », ajoute-t-elle. De fait, là où d’autres auraient à sa place choisi de se laisser confire dans un statut d’« ex-star (underground) des eighties », de capitaliser sur l’aura dont continue de jouir son groupe Marc Seberg, jamais Pascale Le Berre n’a cessé au contraire de regarder vers l’avant : chercher à apprendre, à (se) comprendre, à explorer de nouveaux moyens de donner corps à son extrême sensibilité, et cours à une insatiable curiosité. Aiguillonnée autant par un principe de plaisir que par un farouche désir d’indépendance, et par une haute idée de son métier, elle est ainsi devenue une musicienne accomplie (interprète, compositrice, programmatrice, arrangeuse, productrice/réalisatrice) en même temps qu’une artiste protéiforme.

 

           C’est à Rennes, et à l’orée des années 1980, sur une scène rock alors en pleine effervescence souterraine, que ce parcours commence. Formée au piano classique mais avant tout désireuse de signer ses propres compositions, Pascale intègre alors l’hybride groupe Complot , avant de devenir courant 1983 le cinquième membre de Marc Seberg, le projet initié par le chanteur Philippe Pascal après la fin de Marquis de Sade. Y prenant une part de plus en plus prépondérante, les trois albums auxquels elle participe vont faire du groupe le principal porte-étendard de la scène new-wave hexagonale. A la disparition de Marc Seberg, elle poursuit en duo (et en couple) avec Philippe Pascal : ils signent ensemble en 1994, sous le nom Philippe Pascale, un album que baigne la lumière d’un amour heureux, mais aussi le soleil de ce Maroc où ils ont temporairement élu domicile...

 

           Durant les quinze années qui suivent, on la retrouve aux côtés d'Alan Stivell qu'elle accompagne aussi bien en studio qu'en tournée en tant que musicienne, arrangeuse et productrice, entre 1995 et 2005. Elle intervient également comme guitariste, compositrice ou remixer auprès de musiciens aussi différents qu' Hector Zazou, Alex Beaupain ou Steve Hewitt (Placebo). Très tôt passionnée par la scène électronique de Detroit, elle continue parallèlement d’apprendre, se formant aussi bien aux logiciels musicaux les plus pointus qu’à la composition pour orchestre. Elle s’offre même le luxe d’une année sabbatique pour préparer une maîtrise de science politique sur la question de la discrimination positive, et trouve le temps de présenter, sur les chaînes Canal Jimmy et Planète, California Visions, une série de huit magazines sur la société californienne. Citant volontiers des plasticiens tels que Pierre Soulages, Jenny Holzer ou  Bill Viola parmi les artistes qui l’ont marquée – elle va de plus en plus orienter son travail vers l’image, pour le théâtre, la télévision ou le cinéma.

 

            Aujourd’hui, toujours passionnée et engagée, Pascale Le Berre inaugure un nouveau chapitre de son roman d’apprentissage, qui vient tout naturellement couronner ce long compagnonnage avec l’image. Son nouveau projet, qui passe avant tout par la scène et la performance : marier ses propres images à sa musique, et faire passer l’ensemble par le filtre de l’humain et de l’instant. Manipulée en direct sur une techno minimale aux accents berlinois, de l’électro-pop racée de Faith au son plus sombre et rugueux de Grief, ses images lui permettent d’instiller à la musique live un propos plus politique (qu’il s’agisse d’une « société du spectacle » de plus en plus obscène ou de cette notion de « Race » et de « Genre » qui n’ont jamais cessé de la passionner). Comme pour faire danser, et donc dialoguer ensemble Judith Butler et Jeff Mills, David Bowie et Noam Chomsky…

 

                                                                                                             David Sanson, Mai 2013.

 

Tribute

Il y a des chansons qui changent votre vie. Dans l’émission qu’Arte consacra à Philippe Pascale, Pascale Le Berre évoquait à ce propos Heroes de David Bowie : «une bombe était tombée dans ma vie». Puisque je participe à la réalisation des vidéos de son nouveau Live et qu’il n’y a sans doute pas de hasard c’est à mon tour de raconter.
Dans la petite sous préfecture endormie où j’ai grandi, ville moyenne effrayée par les manifestations d’enthousiasme trop appuyées ou simplement trop sincères – faut il vraiment se résigner à brider ses émotions pour être socialement acceptable ? – la musique qui libère avait du mal à passer à moins qu’un aîné ne vienne vous affranchir avec ses vinyles sous le bras ou ses cassettes à oxyde ferrique.
Iggy pop raconte dans son autobiographie I want more avoir été terrorisé dans sa jeunesse lorsqu’il devait rentrer en contact avec des gens «normaux» comme par exemple entrer dans une banque et faire la queue en attendant qu’un guichet se libère. Je crois que ça lui est passé depuis. Mais je peux comprendre ça.
Ce besoin d’intensité et même de transe, mon environnement semblait me l’interdire ou me le reprocher par avance et j’avais parfois la nette impression d’être un alien débarqué sur une planète hostile un peu comme Bowie dans L’homme venu d’ailleurs que je découvre au cinéma à l’âge de 13 ans. Je n’étais pas encore un homme, juste un adolescent né au centre de la France d’une mère bretonne et d’un père pied noir algérien – tiens donc – le Finistère maternel et la puissance mystique des Monts d’Arrée tout proches embrassant le soleil aveuglant et la chaleur de l’Algérie lointaine et idéalisée.
Voyage scolaire de fin d’année, 15 ans. La première rencontre. Une amie qui sera bien plus qu’une amie mais je ne le sais pas encore me fait écouter sur un baladeur un morceau de Marc Seberg issu du Chant des terres : L’Eclaircie. Les piles sont usées et le son ralentit jusqu’à l’extinction mais je perçois quelque chose d’important, une ampleur émotionnelle qui me manquait et qui me fait un peu respirer. Pourtant je ne comprends pas encore.
Un mois plus tard, un soir d’été, une fête autour du feu au fond d’un bois. Je ne connais pas tous ces gens, «brand new people», qui forment un cercle autour de la chaleur des flammes. On se dévisage, on écoute de la musique sur un lecteur cassette assez basique, je croise le regard d’une fille qui pourrait être une fée. La soirée avance. Agnès et son amie Lydie réclament le silence parce que c’est le moment de passer un morceau de Marc Seberg. «Tu te souviens» me dit Agnès «je te l’avais fait écouter dans le bus ?». Ceux qui savent déjà ne parlent plus, moi j’attends qu’il se passe enfin quelque chose.
Le morceau commence, ça s’appelle Recueillement et les premières notes au piano me font frissonner parce que cette musique m’est familière alors que je suis persuadé ne l’avoir jamais entendue. Une mélodie magique comme une sonde dans ma mémoire faisant remonter à la surface des souvenirs perdus. Les souvenirs d’un monde léger, des moments simples et beaux, les souvenirs d’une fée au fond du jardin, à peu de choses près. La mémoire d’un monde enchanté auquel on a cru puis auquel on a fini par renoncer mais il suffirait d’un rien pour y croire à nouveau.
La mélodie au piano se déroule et offre un passage à la voix profonde de l’homme qui chante. Le morceau s’achève, j’apprends que le chanteur est pied noir et que la musicienne compositrice du morceau est bretonne. Ça m’étonne à peine tellement tout s’assemble en moi, je me sens enfin entier.
Le lundi au lycée je demande à Agnès de me faire une cassette que j’écouterai désormais religieusement. La vie peut commencer puisque je ne suis plus seul.
Je découvre les visages des musiciens à la télévision pour la sortie de Lumières et Trahisons et je remarque alors une jeune fille en noir jouant Jeux de Lumières derrière un clavier et semblant partager une très nette complicité avec le chanteur.
Premier concert parisien à la Cigale pour les voir «en vrai», je me souviens que le temps s’est arrêté, les filles du feu étaient là elles aussi, aucun d’entre nous n’aurait voulu rater l’occasion. Sur scène, les rennais de Marc Seberg étaient émus, émouvants et donc forcément beaux.
Etudes d’art, de cinéma, je commence à faire mes films et à leur envoyer régulièrement des lettres de fan via Virgin, leur maison de disque, sur lesquelles je dessinais un soleil parce que leur musique m’évoquait la lumière. Lorsqu’on s’est rencontré pour la première fois après un concert d’Alan Stivell où Pascale jouait, elle m’a parlé de ces lettres ensoleillées qu’elle avait conservées avec précaution.
J’ai dessiné le même soleil pour lui demander d’écrire la musique de ma première fiction, Ce que j’ai vu. Elle a accepté de composer la musique de la suivante, Comme une fée, et sur la même longueur d’onde nous sommes devenus amis.
Aujourdʼhui jʼaccompagne Pascale dans la réalisation de ses films, ceux de son nouveau Music & Video Mix. Lʼhistoire continue…

 

Xavier Ameller, Paris 2013
 

 

Pascale le Berre,
Les doigts sur nos touches

 

J’ai commencé à me connaître sur un son de piano, sur une mélodie triste je suis devenu moi, des accords qui résistaient à disparaitre dans le silence. Un son cristallin, pur comme l’eau, qui survivait à une chanson implorant à genoux que ce ne soit pas une dernière fois.
J’étais enfant quand le diamant se posa délicatement dans les creux des sillons noirs. Quand la dernière touche d’ivoire embrassa le silence, j’étais adolescent. Grandi loquant, certes, mais je vous l’assure, il y a des détails, des petits riens, des infimes choses, qui font les hommes, des minuscules pierres sur nos chemins qui nous font changer de route, des vents qui tournent et mènent nos nefs des fous vers d’autres imprévus rivages. D’une minute à l’autre, d’une respiration à une expiration, le burin des détails nous sculpte.
J’étais, oui, j’étais ingénu, bien trop naïf, il était temps d’entendre ces mots, de voir qu’ils pourraient être miens, qu’ils étaient propres a mon âme, et trouver ma voie dans cette voix, apprendre à être fort dans mes faiblesses, trouver au fond du puits de mon être le pouvoir si généreux de la sensibilité, enfin, me connaitre, me reconnaitre. Parce qu’il s’agit de ça, la vraie découverte de ce titre sur le tourne disque lourd, en caisse de bois et métal, qui roule encore et toujours, la sensibilité. Et plus la technologie allège l’appareil, plus imposante ce fait cette musique.
Et mes facettes se sont sculptées, bout a bout des mélodies récoltées le long des ondes, des bacs a disques, des autres, peaufinées par les besoins d’en savoir plus, savoir de vous pour savoir plus encore de moi, introspection.

Je vous ai donc ingurgité comme Gargantua excité par les nouvelles saveurs a portée de sa gorge, croquer à dents pleines vos créations, boire vos mots en essayant de ne pas être ivre d’eux, savourer, apprécier, mais rester moi dans ce banquet, à cette table. Trahisons, certaines, le sel et les épices des autres ont parfois agrémenté vos mets fins. Mais je reviens, une fois et encore et toujours, à vous, d’où veniez-vous ? Qui vous a façonné à vous ? Pourquoi ce clavier là, présent, susurrant, l’influence dans la fièvre de vos guitares, la rage calme de vos tambours de guerre, quelle vie soutenait vos vers ?
C’était parfois obsessif, te suivre, c’était inquiétant, quand mes doigts inconscients tapotaient ces pianos à queue majestueux que j’imaginais dans des salons d’orfèvres arabes lumineux d’Essaouira, mais qui n’étaient au réveil , quand finissait la chanson, que le bord un peu usé d’un vieux meuble bleu peint et repeint gauchement dans ma chambre de campagne occitane. C’est bête, je n’ai jamais vraiment appris à jouer des claviers que j’avais acquis. En fait, je voulais simplement être plus près du plaisir, chercher ce son parfait, celui qui explique l’émotion, celui qui l’est, et puis la voix qui l’accompagne, les mots justes, les basses intenses, les guitares aériennes. Il faut par là apprendre aussi quel est notre art intime, notre propre merveille, et je sais que mes doigts sur un piano m’éloignaient de l’artistique que tu domines tant, et me rapprochaient, ongle a ongle, du banal. Mes mains sont meilleures dans d’autres domaines, cela n’empêche ma jalousie pour tes mains, domptées par passion, persévérance, cette sereine patience de l’apprenti au moment de devenir maestro, quand les muscles obéissent aux sens.
Je ne serai donc pas moi sans vous, et encore moins sans la magie de tes doigts sur ce petit instant féerique, cette fin de morceau qui fit naître tant de choses ; des jours, des phrases des lumières, des nuits Chrysler et Cold Blue sky et bien des trésors qui jonchent ma vie et pointent encore leurs silhouettes au loin, devant moi. J’ai, j’avoue sans honte, joué de vos verbes pour conquérir des amours, j’ai usé vos parfums. Ils n’ont d’ailleurs pas toujours eu le même effet, les vôtres semblaient avoir du vécu, et les miens ne semblaient pas avoir beaucoup de vie.
Il faudra nommer enfin les créateurs, qu’ils soient Marc Seberg, chainon manquant des scènes hexagonales, vous étiez Marquis de Sade, vous étiez Philippe Pascale, vous étiez et continuez d’être, via pseudos, via noms propres sur le dos des pochettes d’autrui, vous serez, parce que l’art, sans rougir, l’art rend immortelles la création et son âme, parce que vous êtes simplement gravés en matière et en personnes, et c’est énorme, parce qu’un jour ces petites notes ont remplies mes vides et fait de moi un être complet, entier, sensible, humain. Et à d’autres surement une variété différente de sensations.
Le pas en avant qui va de l’écoute au regard, je l’ai fait, pour vous dénicher derrière les sons, pour mettre une image sur ces touches et cordes, puisque si on le pense froidement et logiquement, le bruit nait en nous avant l’image, toujours avant. J’ai recherché vos petites doses cathodiques, vos portraits sur papier couché, les écrits de vos mots et dits en colonnes de critiques. As-tu remarqué, Pascale, les regards que vous aviez sur ces photos ? Il y a une puissance qui émane d’un fond sensiblement triste, des regards de marins, qui aiment et craignent à parts égales les océans, profonds et oniriques, des regards iceberg, dont la partie lumineuse repose sur l’obscurité. Étrangement, les plus rageurs d’entre vous ont les yeux de la paix, de la sagesse, et puis il y a les yeux perdus dans des limbes à la recherche du feu, traversant les territoires aériens des cœurs, et puis les yeux guerriers, des yeux de lutteurs, de mère-louve, protégeant son monde, aussi vaste soit-il, aussi intime fut-il. Te reconnais–tu en eux ? Moi, je t’y trouve, plus je te connais, plus je t’y reconnais. Un autre regard me revient, celui de Macadam en 94, je l’ai entraperçu, entre Six in the morning et Cold blue sky, désafiant les murs blancs si simples, si inhumains d’un entrepôt froid, un regard serein, plein de merveilles, colorie la scène. Un regard d’être abouti, enveloppant un certain amour, satisfait, bien, un regard de bien être, en fait, un regard timide, mais heureux.
Un entrepôt, c’est étrange, on vous verrait plus facilement dans un immeuble impérial anglais, baigné dans les brumes, légèrement baroque. Quelle pièce occupait chacun d’entre vous dans cette demeure ? Je ne sais que trop peu pour vous éclairer ce doute, mais je crois pouvoir deviner ta présence en ces lieux, comme bougie, cette flammèche toujours allumée, dans chaque salle, chaque chambre, le câble électrique, la partie lumineuse, ce feu dans la cheminée, la couverture de flanelle posée sur chaque petit habitant du groupe au repos. Peut être que je me trompe, toi seule, et possiblement eux, le savent, gardons ce mystère qui vous va si bien.
Tes sons, ceux qui m’attiraient dans ces salons et chambres de mélodies, ont toujours été francs, si limpides, cristal, transparents jusqu’à tutoyer l’éther. Dans ces pièces souvent froides et obscures, aux gouttières et papiers peints si romantiques, presque gothiques, on discernait ta petite chaleur, la mince lueur au bout du tunnel, cette dernière fois, ces calmes au bout des nerfs, ces éclaircies. Voila ce capitaine de la Nef des fous, ce peintre des paysages de fonds.
Je suis sûr que tu continues ton chemin de Prométhée, avec l’assurance que les lutteurs ne changent pas, ils sont têtus, obstinés et de surcroît, perfectionnistes. C’est un peu ainsi que je te vois, cette voile dans le fond doré du radeau de la méduse (tout nous ramène aux mers). J’ajoute pour plus d’honneur, que le clavier est un instrument qui ne ment pas, il est froid, logique, mathématique et scientifique. Ce qui le rend humain, c’est où l’on pose ses chiffres, dans quel univers utilise-t-on son système binaire et quel plaisir recherche-t-on dans ses micro-chips, la sensibilité d’une machine. Là tu deviens magicienne, ce final de chanson, à l’épique triste, bravement orgueilleux, deviens sous les sillons de tes doigts, humain, les petites notes, humaines. Il faut de l’art pour faire émerger les sons synthétiques, et de l’amour pour que des pianos, aux coups à coups des ivoires et ébènes, produisent comme en leurs vies antérieures, assez de sève pour que les instruments croissent et la chanson soit hymne, pièce d’orfèvre.
Loin de moi l’idée d’éloigner d’un imaginaire podium aucun des participants, où que tu apparaisses, tu montres l’intelligence de tes alentours, la culture de ton territoire, la conscience des présences, et ceux qui t’encerclent deviennent une unité, un univers entier où chaque planète émerveille et embellie l’autre, lui offrant ses soleils, ses lunes. « Philippe Pascale » était un exemple parfait, une entité, un cerbère bon gardien des enfers mais aux visages toujours tournés vers les paradis, presque perfection pour arriver au sommet de leur mutuelle connaissance, sachant exactement les pourquoi de chaque mots, les raisons de chaque mélodies.
Chacun de ces univers est pourvus de la magie qui enveloppe chacun d’entre nous, à chaque fois nouvelle, s’ouvrant à de nouveaux adeptes, de nouveaux points de vue sur d’infinies et méconnues steppes. Dans ces longues plaines que peignent tes guitares, ces plages synthétiques, ces compositions plastiques, on note encore et toujours l’air marin dans les lointaines Thalassa bleues imaginaires de mondes à années-lumière, on sent les coraux et les rhums presque cachés par les marées rythmiques, leitmotiv des océans. Au fond de ces paysages musicaux on sait que se cache, au-delà de cette fine ligne d’horizon de verte Erin, une falaise brusque, majestueuse et humide, bousculée et aimée tour à tour par une mer bretonne, galicienne.
Vois-tu comment voyagent nos émotions sur tes musiques ? Connais-tu le pouvoir de tes créations et apports ? L’ampleur des sons a ce don étrange, il va d’un bout à l’autre de nos géographies, mais reste attaché par corps et âmes aux racines comme ancre au port maternel. Pour cette idée de partances et retours on ne s’étonne pas de te trouver coude a coude avec ce grandiose celte qu’est Alan Stivell, fière de ta terre, et dans cette fougue de vague écumeuse, dans la foulée, peignant sur les murs étrangers de Steve Hewitt ou Loki Starfish des fresques si variées mais au goût d’eaux salées tant reconnaissable au bout de nos ouïes. Tu es là, on reconnait l’empreinte du passé, on devine les regards au futur, nous sommes là, sans vouloir gêner, on cherche à outrance, sous les ponts neufs où s’entrelacent les amants sans perdre de vue la berge où vient débarquer ses fruits la nef Hocus Pocus aux accords de pianos à queue, ou riffs de guitares. Pour aller naviguer plus loin, il faut se munir de tous les moyens de transports possibles. Si nous voulons atteindre les Californies secrètes aux grèves où s’éparpillent parfois des Evocative twist pour colorer les galets.
Dans un monde chaque jour plus vaste, aux océans découverts et à découvrir, tu nous donnes bien peu pour la soif que nous éprouvons, pourtant rien n’arrive à éloigner le passionné de sa passion, au contraire, cela nous rapproche, au delà des luttes de cette société que tu aimes et combats si tu en ressens la nécessité pour nous.
Ainsi continue l’aventure, à la recherche incessante de trésors, à la recherche de vous, de toi, de nous, à travers d’une touche de piano moribonde, à la fin d’une dernière fois qui n’en finit pas d’être un début, celui de ma vie en tant que moi.
Quant à toi, reste ce matelot qui revient après son voyage de Simbad, à son port, puisque ni les sirènes, ni les exotiques îles ne t’empêchent de revenir chez toi, là où nous t’attendrons fébriles de tes découvertes, ou mieux encore, bien mieux, d’où nous te rejoindrons pour partir au jour suivant sur tes navires, à tes cotés, dès que se posera entre toi et nous la passerelle. Nous te suivrons là où tes lumineux doigts dresseront leurs prochains arpèges, nous irons.
Merci pour ces pluies d’étincelles où tous veulent s’éclairer, Pascale.
 

Guillaume Mazel, Madrid 2012

Live 

Paris Petit Bain

16 Mai

 
Bourges Octobre  
Washington DC 2018  
 

 

 

 

   
     

 

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